Il y a plus de dix ans, Éric Schmidt, alors patron de Google, annonçait que la vie privée touchait à sa fin.
Il poursuivait :  » je ne crois pas que la société comprenne ce qui se passe lorsque tout devient disponible, tout peut se savoir et tout peut être enregistré en même temps. « 
Ainsi, le monde devient virtuel. Le pouvoir se trouve désormais dans les données.
Ce pouvoir atteint le cœur de la société et ce pré carré secret de l’être humain qu’est l’intimité.
Ce n’est plus une évolution … c’est une révolution ! Nous atteignons une transparence totale, c’est la fin de l’anonymat. Maintenant, notre hantise sera donc d’être visible, de se voir partout, de se faire voir de tout le monde.
Vive l’intelligence artificielle, fin de la vie privée. La personne, «  au sens ancien » n’existe plus. Nous passons à autre chose, mais quoi ?
Nous pensions créer un monde à notre image, mais non, le monde de nos machines et de la transparence totale est opérationnel. En tant qu’humains, nous sommes exclus. Nous rêvons de perfection et d’efficience, mais notre « patrie » est ailleurs : c’est le langage, la narration, le symbole, le discours.
Ce qui importe pour le futur c’est :
1) Que l’opacité créatrice reste possible, ce qui suppose que le commerce des  données ne parvienne pas à imposer son projet délirant de transparence
2) Que cette opacité ne soit pas qu’une fiction. Le pire, en effet, serait que les individus se réfugient dans le monde virtuel, perdent foi en la réalité et en la nécessité de l’humaniser et de la recréer.
Ce serait la fin de la véritable aventure des êtres libres.
Elle n’est pas exclue.

LE NEVEU DE BALZAC 🧐