Le département de l’Indre-et-Loire n’a pas été gâté, ils nous ont supprimés tous les vide-greniers. C’est pourtant une distraction populaire et à l’air libre ! La Covid-19 fait très mal au moral et au porte-monnaie… Bref, c’est un fléau.

Chinon a été la première ville à reprendre les brocantes professionnelles et pour la seconde fois Tours n’est pas en reste. Quel plaisir ce 23 août d’entendre les bruits des camions et des voitures dès 6 heures du matin sur le carroi du boulevard Béranger. Nos brocanteurs, trop contents de faire prendre l’air à leurs marchandises, étaient au rendez-vous. Les uns étaient venus la veille chez un ami ou avaient élu domicile dans leur camion. D’autres ont dîné à la guinguette de Tours, ce fameux restaurant tenu par des brocanteurs tourangeaux. (R Restaurant)

Les chineurs avaient mis leur réveil très tôt car la brocante est une vraie drogue, une addiction ! Enfin, le temps était de la partie, même la météo s’était trompée !

Les cafés ambulants faisaient chauffer les boissons chaudes et sauter les crêpes. Tout allait pour le mieux, restait encore à trouver la bonne affaire… Au cul du camion comme disent les avertis, les tractations commençaient déjà. Loin des regards, certains objets se négociaient, passaient de main en main pour atterrir chez les collectionneurs. On ne pourrait espérer les revoir qu’à leur belle mort ou à la salle des ventes…

Philippe, chineur du matin, avait dépensé 4 € pour un objet publicitaire. D’autres faisaient de meilleures affaires, avec des objets en or 18 carats. Les langues se déliaient une fois la drouille ou les vitrines rutilantes installées. C’est le côté vert de cette brocante masquée du 23 août mais… le rouge n’était pas loin. Les cafés et petits rosés étant passés, il fallait les éliminer… Halte-là ! Ce matin, ni pissotières, ni toilettes n’étaient disponibles sur le boulevard. Rien sur la place des Halles ni celle de la gare où elles auraient dû être en fonction. Alors que faire ? Comme le disait Axel, devait-on aller devant la porte de la mairie ou au bistrot ? Pour cela il aurait fallu abandonner son stand et c’était impossible. Ici, on ne ferme pas ! Résultat, les placiers ont été mis au courant mais ont tout de même encaissé le prix de la place. Les chineurs, brocs et touristes étaient donc privés de toilettes ! Évidemment, ce n’était pas bon pour le commerce car quand vous partez vous soulager, vous ne revenez pas.

Heureusement, pour casser le moral à un broc il en faut plus que ça ! Vers 11 heures, certains ont commencé à sortir le rosé de chez Cocteau, brocante oblige, et les rillettes de Tours pour taquiner les Manceaux Didier et Carole devenus les piliers du boulevard. Cette brocante est très prisée des chineurs mais également des professionnels qui parcourent parfois jusqu’à 400 kilomètres pour s’y rendre. Ils ne réclament pas grand-chose … ah si… Si la nouvelle municipalité pouvait faire réparer les toilettes et en installer un deuxième, ils seraient soulagés !

Malgré les masques, l’ambiance était bonne et certains ne repartirent pas bredouille. Le livre d’un broc pouvait grimper de 3 à 200 €, voire beaucoup plus si l’objet était du XVIIIe !

Moralité, la brocante est indispensable pour notre ville. On a pu aussi remarquer les mêmes tendances qu’à la télévision dans l’émission « Affaire conclue », à savoir une meilleure vente des mobiliers en rotin, des bronzes et des vases signés. Pour le reste, les meubles rustiques et courants seront peut-être utiles pour se chauffer cet hiver.

F. de Vinière